11 octobre 2010

And the winner is ...


Après délibération du Jury
au panel très ecclectique car
composé de moi même,
de ma tendre moitié
d'une très fidèle cliente et d'une ado,
nous nous sommes accordés et avons
convenu que la gagnante de notre concours
lancé à la rentrée est
Françoise, plus connue sous le surnom de Tataze
et rédactrice du blog


Son texte et la très belle photo ancienne
 qui l'accompagnait ont fait l'unanimité !
Sa chronique sur la vie de nos campagnes
 rédigée avec soin et âme était émouvante
 et nous a transporté avec un brin
de nostalgie vers notre enfance.

Merci à toutes les autres
car vous avez été nombreuses à participer
et il a été très douloureux de vous départager.

Et voici le texte de Tataze.


La rentrée était pour nous synonyme d'une activité
 que nous devions impérativement et immuablement
 faire, chaque année, à la veille
de la rentrée des classes.
Nous, les enfants, nous étions "réquisitionnés"
pour  le ramassage des pommes de terre
 dans la Terre de Cotte
 dont mon Oncle Henri était le fermier.
Cette journée débutait fort tôt le matin.
A vélo, tous les 4, nous, nous rejoignions
la "ferme du Tonton",
 et là nous assistions, avec des yeux émerveillés
à la préparation de "l'équipage".
Le cheval harnaché avec soin
était attelé à un char.
Sur le char,
étaient installés la charrue et nos paniers.
 La petite tribu prenait place en dernier.
Nous quittions la ferme et après quelques
centaines de mètres,
un kilomètre, tout au plus,
nous étions arrivés à "La Terre".
Là, débutait notre folle journée.
La charrue avait remplacé le char,
 et le cheval traçait le sillon le plus droit possible,
au rythme de la voix de l'homme et des consignes
qu'ils connaissait parfaitement.
Après son passage, la terre ainsi ouverte
 laissait apparaitre les fameuses pommes de terre.
Et c'est à ce moment là que nous nous
 mettions à l'ouvrage.
Face à ce premier rang,
 nous avions un sentiment de démesure,
 de découragement aussi.
Ils semblaient faire des dizaines de kilomètres, ces rangs.
 Nous avions l'impression que nous
 n'en verrions jamais la fin.
 Il y en avait une dizaine ainsi.
 Le dos courbé, nous ramassions,
 avec mon frère et mes sœurs, les pommes de terre,
avec obligation de faire un tri sérieux.
 Les petites ou les pommes de terre abimées
 par le soc de la charrue :
 dans les grandes bassines en zinc.
 Elles serviront à nourrir les cochons des fermes.
Et les belles, comme nous disions,
 seraient consommées par les deux familles.
Nos vidions nos seaux pleins
dans les sacs en toile de jute.
Notre père veillait au début à la bonne exécution de la tâche.
Mais nous savions qu'il nous fallait être très attentifs
, et finalement nous avions peu de remontrances.
A midi, c'était LA PAUSE -
comme nous l'attendions ce moment !
 Assis sur une couverture à l'ombre du bois,
 nous pouvions savourer le casse croûte
 préparé par la tante Joséphine.
Et puis ; un petit somme.
Juste le temps de se reprendre,
 comme disaient les frères.
Et voilà nous retournions à notre tâche.
Nous ne quittions cette terre que lorsque
nous avions achevé le ramassage
 DES PATATES, et que la journée s'achevait.
 Là, le cœur léger, le corps épuisé,
nous rentrions fiers et heureux.
Cette année encore, nous avions réussi à aller
 jusqu'au bout de nos rangs.
Il ne restait plus qu'à décharger
dans chaque ferme la production.
Et nous savions bien à l'exécution de cette tâche,
que le lendemain ou le surlendemain,
 nous repartirions vers d'autres lieux.
Il en était fini des soirées d'été,
de la liberté, de nos horaires
 qui étaient ceux du soleil.
Déjà, une nouvelle blouse avait été dépliée sur nos lits.
La rentrée scolaire était là et elle allait
 modifier nos rythmes de vie.

Ceci est pour toi Françoise,
avec tous mes compliments et mon amitié.

les jolies étiquettes norvégiennes

 Du thé mariage Frères, de la confiture Poire au Safra,
des porte-serviettes et les serviettes, encore norvégiennes,
un coeur perlé d'Anna.




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